Repenser les déplacements dans les zones rurales et périurbaines.

Un rapport du Centre d’analyse stratégique publié le 7 février propose des solutions alternatives à la voiture individuelle pour les déplacements dans les zones rurales et périurbaines. Ces propositions s’inspirent toutes d’expériences locales qui ont fait leurs preuves.

Pour les 40% de Français vivant dans les zones rurales et périurbaines, il est très difficile de se passer de voiture individuelle pour effectuer ses déplacements quotidiens. Dans un rapport, le Centre d’analyse stratégique (CAS) propose une nouvelle approche de la mobilité dans ces territoires pour réduire cette dépendance automobile qui a un coût économique pour les foyers concernés mais aussi environnemental, les vingt millions d’automobiles circulant chaque jour dans ces zones, génèrent 8% des émissions totales de gaz à effet de serre en France.

Le groupe de travail du CAS, dirigé par Olivier Paul-Dubois-Taine, ingénieur général honoraire des Ponts et Chaussées, a retenu une dizaine d’expériences pour freiner cette dépendance, inspirées d’initiatives locales mises en place par des collectivités, des entreprises ou des associations qui permettent de :
- fournir aux usagers une information en temps réel sur l’offre des réseaux de transport public ;
- faciliter l’accès aux pôles de proximité à vélo grâce aux pistes cyclables et aux parking à vélo ;
- développer le covoiturage, l’autopartage ;
- regrouper les services pour limiter les déplacements à travers des pôles de santé ou d’insertion sociale et professionnelle par exemple.

Ces expériences pourraient, si elles étaient multipliées, proposer des solutions aux personnes qui n’ont pas accès à l’automobile, "une meilleure résistance des territoires aux risques de crises", et des réductions de l’ordre de 30% des émissions de C02 des automobiles dans ces zones, estime le CAS. Pour cela, il formule dans son rapport cinq recommandations principales :
- "aider les communautés de communes et les agglomérations ainsi que les pôles d’activité qui le souhaitent (universités, centres commerciaux…) à définir des stratégies de mobilité adaptées à leur territoire, en partant de la compréhension locale des flux de déplacement et en s’intégrant dans le cadre du schéma départemental de transport et de ses liaisons avec les pôles urbains voisins" ;
- apporter à l’usager une information en temps réel pour qu’il puisse organiser ses déplacements en combinant les transports collectifs et individuels ;
- s’appuyer sur l’information numérique pour développer le partage de la voiture et notamment des solutions de covoiturage sécurisées ;
- "coordonner les services de transports collectifs entre eux avec des rabattements performants vers des stations de transports collectifs (itinéraires cyclables, parkings de covoiturage) pour une chaîne de transport porte à porte efficace." 10% des dépenses annuelles de voirie pourraient être affectés à ces rabattements ;
- limiter les distances parcourues par les professionnels des services à la personne (commerces, santé, loisirs, etc.) en les incitant à coordonner leurs déplacements, leurs livraisons ou le transport des personnes qui les sollicitent.

Vous pouvez consulter ce rapport sur le site du CAS.

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